Campagne contre l'arnaque aux sentiments (love scam)

11.10.2019
Arnaque aux sentiments
Arnaque aux sentiments

Les polices suisses et la Prévention Suisse de la Criminalité (PSC) s’associent avec Anibis.ch pour la prévention des cyber-escroqueries.

Le 3 octobre 2019, la deuxième partie de la campagne nationale de prévention des cyber-escroqueries « Et vous ? Vous auriez dit oui ? » démarre sur le thème des escroqueries sentimentales. Les polices suisses et la PSC unissent leurs forces avec Anibis.ch pour conseiller la population sur les bons comportements à adopter afin d’éviter les dangers liés à cette escroquerie aux conséquences souvent dramatiques.

« Et vous ? Vous auriez dit oui ? »

Cette nouvelle campagne est orientée vers la sensibilisation aux dangers liés à une forme d’escroquerie virtuelle qui s’en prend à des personnes susceptibles de rencontrer un partenaire sur internet. Ce délit dépouille durablement ses victimes qui se retrouvent alors avec des comptes bancaires vides et un coeur brisé. L’objectif de l’histoire de Marie et de ses déboires avec le personnage fictif de Frank est de transmettre les quatre conseils généraux de la campagne en matière de comportement à adopter lors de l’utilisation d’internet, afin de minimiser le risque d’être victime d’un cyberescroc :

  • Ne vous fiez jamais à une personne que vous ne connaissez que par internet.
  • Ne transmettez jamais de mots de passe et de documents officiels (passeport, permis de conduire, etc.).
  • Ne divulguez jamais de photos ou d’informations intimes.
  • Ne versez jamais d’acompte sans être sûr de la fiabilité de votre interlocuteur.

Cette coordination au niveau de l’ensemble du pays revêt une importance d’autant plus capitale que la cybercriminalité a augmenté de manière croissante au cours de ces dernières années. En effet, les chiffres de l’Office Fédéral de la Statistique (OFS) montrent une augmentation des escroqueries de 9238 cas en 1990 à 16 319 cas en 2018 (soit 76.7%), une grande partie de la hausse de ce type d’infractions pouvant être attribuée au développement d’internet. De plus, ces pratiques criminelles à caractère international et connaissant une évolution extrêmement rapide rendent d’autant plus complexes les enquêtes judiciaires faisant suite aux dépôts de plainte des victimes.

Etant donné que les victimes d’escroquerie sentimentale éprouvent souvent un fort sentiment de honte à l’idée d’avoir été suffisamment naïves pour s’être fait avoir de la sorte, elles ont tendance à renoncer à porter plainte à la police. Ainsi, le nombre de plaintes enregistrées pour ce type d’infractions pourrait ne constituer que la pointe de l’iceberg en la matière. De plus, les préjudices matériels liés aux escroqueries sentimentales peuvent s’élever à des montants d’argent considérables. En 2017, un retraité suisse avait ainsi effectué des dons en faveur de sa partenaire virtuelle ghanéenne pour un total de près de CHF 400 000. A ces pertes financières s’ajoutent des dommages de nature psychologique liés à la perte de confiance en soi et en d’autres personnes engendrée par de telles tromperies. Dans ces conditions, la prévention des escroqueries sentimentales prend d’autant plus d’importance que leur répression reste difficile.